Regime del terrore robespierre

Car en novembreRobespierre qui attaquait l'anti-esclavagisme des girondins, était influencé par Janvier Littéeun député de la Martinique mulâtre donc bénéficiaire de la loi égalitaire du 4 avrilque Robespierre avait louée, on s'en souvient et esclavagiste. Or, au contraire, les papiers de la Commission Courtois montrent qu'en messidor an II juilletquelques semaines avant sa mort, Robespierre, par l'intermédiaire de son bureau de police et de l'agent Claude Guérin, surveillait ce député et ses accointances avec deux intrigants de Saint-DominguePage et Brulley, en prison depuis le 17 ventôse an II 7 mars [ ].

Les mêmes papiers signalent que dans sa correspondance avec Robespierre, son agent Jullien de Parisalors en mission avec Prieur de la Marnelui avait, en janvierannoncé l'arrivée prochaine à Paris de trois députés de Saint-Domingue — un blanc, Louis-Pierre Dufayun mulâtre, Jean-Baptiste Mills, et un noir, Jean-Baptiste Belleyélus dans la colonie après l'abolition de l'esclavage par Sonthonax en août [ ].

Deux d'entre eux Dufay et Mills furent alors arrêtés le 10 pluviôse an II janvier sur dénonciation des commissaires esclavagistes, Page et Brulley, auprès du Comité de sûreté générale notamment Amar qui recevait souvent depuis septembre les deux intrigants. Mais ils furent quatre jours plus tard libérés par le Comité de salut public après intervention de Belley et intégrés à la Convention, à la Montagne et au club des Jacobins. La Feuille du Salut publicjournal officieux du Comité de Salut Public, se montrait parmi les périodiques les plus enthousiastes dans la défense du décret.

Dans son numéro du 25 pluviôse an II février il présenta l'extrait du livre d'anticipation, L'anécrit par Louis-Sébastien Mercier en qui imaginait la victoire d'esclaves noirs insurgés dans une colonie, comme une prédiction. Or Louis-Sébastien Mercier était l'un des soixante-treize détenus girondins que Robespierre avait, en octobresauvé d'une comparution devant le Tribunal Révolutionnaire.

Le 8 germinal an II 28 marsDufay, Mills et Belley écrivirent au Comité de salut public une lettre précisant leurs requêtes quant à l'exécution de l'abolition de l'esclavage qui partit le 23 germinal an II 12 avril Mais ils s'inquiétaient surtout du décret relatif aux modalités d'arrestation de Léger-Félicité Sonthonaxet de Étienne Polverelmis en accusation le 16 juillet pour avoir été girondins.

Il s'agissait pour Dufay, Mills et Belley d'évincer de la commission le créole Simondes, un proche de Page et de Brulley. Après enquête, le 22 germinal 11 avril Robespierre cosigna avec Barère, Carnot et Collot d'Herbois un arrêté de mise à exécution de l'injonction [ ]. Simondes fut ainsi remplacé par le capitaine Chambon.

Le lendemain 23 germinal- 12 avril le décret d'abolition lui-même à mettre à exécution à Saint-Domingue par le même capitaine Chambon, est signé par Barère, Collot d'Herbois, Carnot et cette fois-ci Billaud-Varenne. Mais le 3 floréal an II avriltous les cinq ainsi que Prieur de la Côte d'Or signent pour les petites Antilles françaises - GuadeloupeMartiniqueSainte-Lucie - la nomination d'un troisième commissaire, Sijas, sur demande des deux autres, Victor Hugues et Pierre Chrétien.

Mais l'ordre arriva trop tard et Sijas ne put embarquer [ ]. On relève aussi que Robespierre ne signa pas la veille, 2 Floréal an II avrill'ordre de suspension d'envoi du décret d'abolition aux Mascareignespourtant signé par les cinq autres collègues du CSP [ ]. Or le 6 thermidor an II 24 juilletRobespierre eut une assez violente altercation publique au club des jacobins avec le député créole des Mascareignes, Benoît-Louis Goulyesclavagiste camouflé. Toutefois, il n'y était pas question de l'oppression des Noirs mais de grossières flagorneries que ce député suspect aurait formulées à l'égard de Robespierre à propos d'une conspiration que ce dernier dénonçait.

Mais, à contre-courant de la mode thermidorienne, Jean-Baptiste Belley instrumentalisa en l' an IIIdans ses réponses aux insultes écrites négrophobes de Gouly, la réaction de Robespierre [ ]. Quant à la deuxième phrase écrite en privé pendant la crise des factions, elle peut aussi lui avoir été à nouveau influencée par Janvier Littée, mais elle fut de toute façon supprimée par Saint-Just quand il mit au propre les notes de son ami contre les Dantonistes pour son réquisitoire du 11 germinal an II 31 marssans que leurs relations en fussent troublées.

Saint-Just, qui connaissait d'ailleurs Page et Brulley pour s'être souvent entretenu avec eux [ ]n'en signa pas moins avec Collot d'Herbois, au nom du Comité de salut public, l'ordre d'arrestation des deux colons, le 17 ventôse an II 7 mars sur requête le 6 ventôse 24 février de la députation de Saint-Domingue [ ].

À partir d'avril deux membres du comité de salut public en mission dans les ports de l'Ouest de la France, Prieur de la Marne et Jeanbon Saint-André, agirent en ce sens à Nantes et à Brest [ ][ ].

Enfin dans le climat jacobin d'alors de février à la fin juillet la Convention reçut en provenance de la France entière plusieurs centaines de lettres de félicitations pour l'abolition de l'esclavage et de dizaines d'annonces de fêtes de cette même émancipation, organisées souvent sous la houlette de représentants en mission.

La Convention thermidorienne arrêta, immédiatement après la chute de Robespierre, ces annonces et lectures d'adresses de félicitations [ ].

Cas unique à ce jour d'un colon esclavagiste qui ait perçu en Robespierre, de son vivant même, et non après sa mort dans le contexte des polémiques thermidoriennes, comme un partisan et acteur de l'application du décret du 16 pluviôse an II [ ].

traduire de

Robespierre n'a jamais caché sa foi, commune à l'époque, en un Être suprême. Dès le oc botox pris marsaux Jacobins, Guadet lui avait fait un crime d'invoquer la Providence — les Girondins ne lui pardonnaient pas d'être le principal opposant à leur projet guerrier.

Rien d'étonnant qu'il se soit jeté en travers de la vague déchristianisatrice à l'automne Une partie de la France, et surtout du Midi, est encore fanatisée. Il faut bien se garder de fournir aux contre-révolutionnaires hypocrites, qui cherchent à allumer la guerre civile, aucun prétexte qui semble justifier leurs calomnies [ ]. La déchristianisation violente allait non seulement à l'encontre du principe de liberté des cultes mais risquait d'allumer partout de nouvelles Vendée.

Le risque d'embrasement était réel. Ceci étant, la déchristianisation n'était pas un mouvement athée. Le culte de la Raison, qui l'accompagnait, n'était rien moins que le culte de l'Être suprême [ ]. Sa position était essentiellement politique. Mais la déchristianisation, ayant entraîné le 5 octobre l'adoption du calendrier républicain posait un autre problème, celui du remplacement des semaines de 7 jours par 3 décades de 10 jours, et donc le remplacement du dimanche par le décadi.

Nombre de représentants signalèrent la nécessité de meubler le décadi et d'organiser les fêtes décadaires. Le comité d'instruction publique s'était déjà saisi du dossier.

Et le 7 mai 18 floréalRobespierre fit son fameux rapport sur les idées religieuses et morales qui, pour finir, reprenait dans les grandes lignes, en le simplifiant, le projet de Matthieu de l'Oise sur les fêtes décadaires. Ce rapport, diffusé par le Comité de salut public à des centaines de milliers d'exemplaires [ n 4 ]fut accueilli dans toute la France avec un enthousiasme inimaginable.

La Convention croula sous les félicitations. Rares furent cependant les félicitations adressées directement à Robespierre qui, à cette occasion, avait été l'organe du comité de salut public, lequel, pour tous, était lui-même l'organe de la Convention. Néanmoins, quatre jours avant la fête de l'Être suprême, prévue le 20 prairial 8 juincelle-ci l'élut à l'unanimité à sa présidence, ce qui l'amena à présider la fête.

En fait, la fête annuelle de l'Être suprême ne se différenciait guère des fêtes de la Raison, ni dans les discours ni dans les décors ni dans le déroulement [ n 5 ]comme en attestent les tableaux d'époque. Cette fête, organisée à Paris par Jacques-Louis Davidfut en effet la plus somptueuse, la plus grandiose de la Révolution.

Le seul point noir de cette fête furent les invectives de quelques députés, le dantoniste Laurent Lecointre en tête, contre Robespierre qui marchait devant eux en tant que Président de la Convention.

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Ces paroles insignifiantes, noyées dans la foule, mais que Robespierre semble avoir entendues, traversèrent l'histoire et arrivèrent jusqu'aux oreilles de Jules Michelet qui, viscéralement hostile à Robespierre, ne vit plus en lui que le Pontife de l'Être suprême, ne trouvant pas de meilleur moyen pour le discréditer.

Alphonse Aulard reprit à son compte le procédé, inauguré par les Girondins [ ]. C'est oublier un peu vite que la croyance en un Être suprême n'était pas une exclusivité de Robespierre, que la fête de l'Être suprême ne fut pas son invention, et que ni cette croyance ni ces fêtes ne disparurent avec lui [ ].

Par ailleurs le 26 Floréal II mai au club des Jacobins contre certains soutiens zélés en provenance du député montagnard de la Corrèze, Jacques Brival, Robespierre prit la défense d'une autre député montagnard du Morbihan présent, Joseph Lequinio, qui avait plaidé l'athéisme en novembre dans son livre Les Préjugés détruits. Selon l'Incorruptible la Convention ne devait pas surveiller les consciences de chacun.

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Les déclarations des droits deet sont toutes trois placées sous les auspices de l'Être suprême. Le Journal de la Montagne du 22 messidor an II juillet rendit compte de la fête de l'Être Suprême à Brest shoulder ride dance son collègue du Comité de Salut Public, Prieur de la Marne, placée sous l'angle de l'universalité des principes dont la liberté des Noirs qui sera maintenue après Thermidor jusqu'en [ ].

Deux attentats sont réputés avoir été perpétrés contre Robespierre. Le premier est dû au royaliste Henri Admirat qui, le 22 maiaurait suivi Maximilien de Robespierre et, par suite de hasards, ne réussissant pas à le rencontrer, avait déchargé en vain un ou deux coups de pistolets — les versions divergent — sur Jean-Marie Collot d'Herbois.

L'autre, fut celui prêté à Cécile Renaultjeune fille qui fut accusée d'être une seconde Charlotte Corday. Le 23 maila jeune fille avait quitté son domicile de l' île de la Cité avec des garnitures destinées à la robe que sa couturière, demeurant rue des Deux-Pontslui confectionnait.

C'est rue des Deux-Ponts, dans l' île Saint-Louis loin de chez Robespierreque Cécile Renault disparut assez mystérieusement pour réapparaître quatre heures plus tard dans les locaux de la police politique, qui a cherché à prouver qu'elle désirait assassiner Robespierre. Selon des procès-verbaux d'interrogatoire signés d'une croix, Cécile Renault aurait avoué s'être rendue chez Robespierre, rue Saint-Honoré.

Emmenée au Comité de sûreté généraleoù elle fut interrogée, Cécile Renault ne s'expliqua ni sur ses motivations ni sur l'acte lui-même qui reposait uniquement sur la déclaration d'agents du Comité de sûreté générale et du Tribunal révolutionnaire [ ]. Elle fut néanmoins condamnée à mort sans avoir pu s'expliquer publiquement, en même temps que sa famille, qui avait été arrêtée et placée au secret immédiatement après son arrestation. Au printemps, Robespierre fut la cible de collègues de la Convention, anciens dantonistes comme Bourdon de l'Oise ou envoyés en mission rappelés à Paris comme Fouché et Barrasanimés par la crainte ou un esprit de revanche, mais aussi du Comité de sûreté généralequi lui reprochait la création du Bureau de police générale — habilité à prononcer des relaxes et destiné à diminuer l'influence de ce Comité — et la fête de l'Être suprême.

Maximilien de Robespierre

Enfin, des conflits opposèrent les membres du Comité de salut public. Après s'être fait remettre, le soir même, le dossier de l'affaire par René-Dumas et Antoine Fouquier-TinvilleRobespierre obtint de ses collègues du Comité de salut public, le 29 prairial 17 juinqu'un nouveau rapport serait présenté à la Convention et qu'il en serait chargé.

Le 9 messidor 27 juinil réclama la révocation de Fouquier-Tinville, trop lié à ses yeux au Comité de sûreté générale. Gérard Walter suppose également que Robespierre put donner lecture de son projet de rapport. À partir de ce jour, Robespierre cessa d'assister aux réunions du Comité, jusqu'au 5 thermidor 23 juillet [ ]. En revanche, il continua de prendre part aux séances de la Convention et surtout des jacobins, où il avait de vrais amis et de solides soutiens.

Après un long silence, une tentative de conciliation fut orchestrée par Saint-Just et Barère le 5 thermidor 23 juillet. Robespierre se rendit finalement devant la Convention, où il mit au jour les attaques dont il était victime et proposa de modifier la composition des comités de salut public et de sûreté générale, et de subordonner le second au premier, le 8 thermidor 26 juillet.

D'abord applaudi, le discours de Robespierre suscita finalement l'inquiétude parmi la Convention travaillée par les adversaires de Robespierre, qui finirent par obtenir le soutien du groupe du Maraispeu soucieux, après la victoire de Fleurusle 26 juinde maintenir le gouvernement révolutionnaire et le dirigisme économique. Augustin Robespierre et Philippe-François-Joseph Le Bas se joignirent volontairement à eux et le groupe fut emmené par les gendarmes.

Toutefois, aucune prison n'accepta d'enfermer les prisonniers, qui se retrouvèrent libres à l'Hôtel de Ville de Paris. La Commune de Paris avait fait sonner le tocsin et s'apprêtait à l'insurrection, mais Robespierre tergiversa à donner l'ordre du soulèvement. Affolés, les députés votèrent sa mise hors-la-loi, ce qui équivalait à une mort sans procès.

La nuit avançant et l'ordre d'insurrection ne venant pas, les rangs de la Commune finirent par se clairsemer et, vers deux heures du matin, une troupe dirigée par Paul Barras fit irruption dans l'Hôtel de Ville sans rencontrer beaucoup de résistance.

Lors de cette arrestation mouvementée, Le Bas se suicide et Augustin de Robespierre saute par la fenêtre et se brise la jambe. Appel adressé à la section des Piques, celle de Robespierre, par le Comité d'exécution de la Commune dans la nuit du 9 thermidor, avec la signature interrompue de Robespierre Ro… et une tache de sang?

La colonne de la Convention arrive sur la place de Grève vers deux heures du matin. Robespierre se tire une balle dans la bouche mais il échoue dans sa tentative de suicide. Son coup de pistolet lui fracture complètement la mâchoire et la joue est percée par des éclats d'os. Philippe Le Bas manie son arme d'une main plus sûre et ne se manque pas. Augustin Robespierre désespéré de la blessure petit cheveux qui pousse pas son frère se jette d'une fenêtre sur la place.

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Georges Couthonlaissé au bord de l'escalier de l'Hôtel de ville, est poussé, tombe et se blesse grièvement à la tête. Saint-Justimpassible, se laisse emmener sans un mot. Jean-Baptiste Coffinhal parvient à s'échapper, mais dénoncé, il est arrêté quelques jours plus tard. Arrestation des robespierristes à l'Hôtel de Ville, le 10 thermidor.

Au centre de l'image, le gendarme Merda tire sur Robespierre.

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Ainsi, Robespierre fut condamné sans procès et guillotiné l'après-midi même du 10 thermidor, sous les acclamations de la foule, en compagnie de vingt et un de ses amis politiques, dont Saint-Just et Couthon ainsi que son frère, Augustin Robespierre.

Les vingt-deux têtes furent placées dans un coffre en bois, et les troncs rassemblés sur une charrette. Le lendemain et le surlendemain, quatre-vingt-trois partisans de Robespierre furent également guillotinés. Ce démantèlement du système de l' an IIet particulièrement de l'appareil répressif n'aboutit pas, cependant, à la mise en accusation de tous ceux qui avaient organisé la Terreur et en avaient largement profité en mettant la main sur les biens des nobles et des banquiers exécutés, ces derniers chargeant Robespierre de tous leurs méfaits et n'hésitant pas à falsifier les documents historiques.

La chute de Robespierre conduisit également à la remise en cause de la politique dirigiste, démocratique et sociale pratiquée par ce gouvernement afin de satisfaire le mouvement populaire des sans-culottes [ ].

Éléonore Duplay ne se maria jamais et vécut le reste de sa vie dans le regret de son grand homme. La mort de Robespierre. Cette gravure anglaise représente Robespierre comme un lâche hypocrite incapable de se conduire avec dignité lors de son exécution [ ].

Les dernières notes rédigées par Robespierre, saisies chez lui le jour de son exécution. Archives nationales. Juste après sa décapitation, un masque mortuaire en plâtre aurait été moulé par Marie Grosholtz, future Marie Tussaudfondatrice du musée de cire Madame Tussauds à Londres. L'authenticité de cette reconstitution est cependant remise en cause par les historiens de la Révolution française [ ].

L'historienne Annie Duprat rappelle le peu de fiabilité des moulages de Marie Grosholtz [ ]. Après tout ce ne serait pas la première fois qu'un peintre arrangerait le portrait de son modèle De surcroît, les mémoires de Madame Tussaud comportent des inexactitudes relatives au lieu d'inhumation du révolutionnaire [ ].

Robespierre a subi l'influence intellectuelle de l'esprit des lois de Montesquieu. Il était fasciné par l'histoire politique de la Rome antiquece qui est attesté par des discours émaillés de métaphores antiques qui exaltent l'héroïsme de Caton et de Brutus [ ].

Il reste attaché à la parole de son maître Rousseau qui a défendu Le Prince de Machiavel, d'où il ressort une manière de concevoir le rapport entre morale et politique chez Robespierre qui associe l'immoralité au despotisme [ ]. Robespierre est à l'origine de la fête de l'Être suprême voir paragraphe Être suprême. À la fin deDubois-Crancé donna un portrait assez élogieux de Robespierre dans Le Véritable portrait de nos législateurs, ou galerie des tableaux exposés à la vue du public depuis le 5 mai jusqu'au 1 er octobreavant leur rupture, qui intervint après la reddition de Lyon [ ].

Au lendemain du 9 Thermidordevant des manifestations de sympathie à l'égard des vaincus — plusieurs suicides ou tentatives de suicide, apparition de chansons pleurant la mort de Robespierre, diverses manifestations d'hostilité à l'encontre de chanteurs antirobespierristes —, les Thermidoriens favorisèrent le développement d'une campagne de presse et de pamphlets à l'origine de la légende noire de Robespierre. Juste après l'exécution des robespierristes, Jean Joseph Dussault fit paraître dans plusieurs journaux un portrait dans lequel il tenta d'expliquer son ascendant par une capacité à profiter avec adresse de circonstances qu'il aurait été incapable de créer.

Le Journal de Perlet expliqua que Robespierre envisageait une nouvelle épuration qui l'aurait conduit vers le trône. Le Journal des Loispeut-être le premier, tenta de le faire passer pour un Tartuffe et un Sardanapalefaisant de Cécile Renault une maîtresse délaissée dont il aurait voulu se débarrasser. Le Perlet évoqua de prétendues orgies dans une maison d' Issy et un projet de mariage avec Marie-Thérèse de Francedestiné à le faire reconnaître comme roi. Cette dernière affirmation fut reprise par Barras à la barre de la Convention, qui présenta la fille de Louis XVI comme la maîtresse de l'Incorruptible.

Dans son numéro du 7 fructidor 24 aoûtle Journal des Lois accusa encore Robespierre d'être un affameur du peuple. Une commission dirigée par Edme-Bonaventure Courtois fut chargée de donner rapport des papiers saisies chez les robespierristes, afin de donner corps aux accusations de conspiration qui avaient justifié leur mise en accusation. Celui-ci fut distribué aux députés le 28 pluviôse an III 16 févrierdéclenchant aussitôt une vive polémique, de nombreuses pièces ayant disparu.

Des députés s'étaient entendus avec Courtois pour faire disparaître des documents estimés compromettants. Par ailleurs, Courtois avait conservé des papiers, qui furent saisis à son domicile sous la Restauration [ ]. Le récit sur son enfance y était particulièrement fantaisiste, l'apparentant au régicide Damiens à la suite des Actes des Apôtres [ ].

Dans son histoire de la Révolution, Jacques Necker évoqua lui aussi Robespierre, qu'il avait connu au début de sa carrière politique et dont il n'envisageait pas sans amertume le degré d'élévation auquel il était parvenu, supérieur à celui de l'ancien ministre de Louis XVI.

Dans le même temps, il condamnait les inventions des thermidoriens et des émigrés, qui avaient échoué à percer le mystère de Robespierre. Au contraire de leurs prédécesseurs, ces auteurs jugeaient que Robespierre marquerait durablement l'histoire, sa figure émergeant seule de cette période. Dans le même temps, il témoigna de son admiration pour la conception du gouvernement révolutionnaire instauré par la Convention. Après sa mort, le positiviste Pierre Laffitte reprit fidèlement cette analyse dans les conférences qu'il donna à la Bibliothèque populaire de Montrougerésumées dans La Révolution française de Jean François Eugène Robinet, ainsi que dans le cadre des célébrations du centenaire de la Révolution [ ].

À la veille de la révolution de parurent de faux Mémoires de Robespierre, généralement attribués à Auguste Barbier et Charles Reybaud, mais peut-être commencés par Joseph François Laignelotqui avait été un intime de Charlotte de Robespierre. Cet écrit témoignait de l'opinion de la génération de sur Robespierre. Sous le Second EmpireErnest Hamel publia une Histoire de Robespierre considérée comme hagiographique, mais très bien documentée [ ].

Lors du centenaire de la Révolution del'épopée militaire fut privilégiée, avec les figures de CarnotHocheMarceauDesaix et surtout Danton [ ][ ].

Jean Jaurès contribua à ramener Robespierre au devant de la scène avec son Histoire socialiste de la Révolution françaisetout en ouvrant vers les Hébertistes et les Enragés.

L'un de ses premiers et principaux membres, Albert Mathiez fut le principal acteur de ce mouvement, qui fit de Robespierre la figure centrale de la Révolution, s'opposant à Aulard, son ancien maître, dans une lutte demeurée fameuse [ ]. À sa suite, on trouvait La Révolution française Georges Lefebvre ou le Robespierre de Gérard Walterqui pointaient les limites de Robespierre sur les questions sociales et financières.

Par la suite, si le rôle de Robespierre dans la Révolution ne fut pas remis en cause, la recherche historique ouvrit de nouveaux champs, avec l'exploration du mouvement sans-culottesdes Hébertistes et des Enragéssous l'influence d' Albert Soboul [ ]. Dans les annéesen parallèle à une contestation du modèle communiste et soviétique, qui s'étaient affirmés les héritiers de la Révolution, l' école révisionniste ou libéraleemmenée par François FuretDenis Richet et Mona Ozoufcontribua à remettre en cause cette image de Robespierre.

La droite veille sur cet ostracisme en brandissant les mauvais souvenirs. Enen prévision de l'aboutissement commémoratif de cette réaction antirobespierriste, dans l'historiographie progressiste non marxiste, Max Gallo fit paraître sa Lettre ouverte à Maximilien Robespierre sur les nouveaux muscadins. Ces manuscrits sont consultables en ligne sur le site des Archives nationales [ ]. Le robespierrisme est un terme pour désigner une réalité mouvante ou pour qualifier des hommes qui partageaient ses idées.

Plus généralement, il désigne toutes les personnes qui se réclament de la personne ou de la pensée de Maximilien de Robespierre. Deuxième fragment. Éloquence de la tribune. En particulier, il fait montre d'admiration pour le discours du 7 prairialoù Robespierre affirme faire peu de cas de sa propre vie, après les tentatives d'assassinat d' Henri Admirat et de Cécile Renaultet celui du 8 thermidoroù il retrouve le dessein de pacification et de restauration de l'ordre public qu'il lui attribue [ ].

Dans ce texte, Catherine de Médicis apparaît en songe à Robespierre et justifie le massacre de la Saint-Barthélemyqui n'a pas été motivé, explique-t-elle, par une animosité personnelle ou le fanatisme religieux, mais pour le salut de l'État. Fréquent dans la littérature royaliste de l'époque, le rapprochement entre ce massacre et ceux de la Révolution contribue à expliquer ces derniers en voulant réhabiliter la politique de la reine. Il ne lui reproche pas la Terreur, mais de l'avoir exercée au nom d'un principe démocratique.

Il figure ainsi parmi les génies qui ont changé la face du monde dans l'édition de de la lettre d'adieu de Lucien de Rubempré à Vautrinavant de passer dans le rang de ceux dont le rôle a été uniquement destructeur, dans son exemplaire personnel [ ].

C'est également le cas dans la nouvelle La Rose rouge. Quel grand ministre, quel grand prince, quel grand capitaine, quel grand législateur n'a commis des actes qui font frémir la nature et qui révoltent la conscience? Pourquoi donc Robespierre serait-il le bouc-émissaire de tous les forfaits qu'engendre ou subit notre malheureuse race dans ses heures de lutte suprême [ ][ ][ ]? Dans Les MisérablesEnjolrasle chef des étudiants révolutionnaires, exprime son admiration à l'égard de Jean-Jacques Rousseau et Robespierre.

Jules Vallès offre de Robespierre une image foncièrement négative, concomitante à l'empreinte qu'il exerce sur lui.

Terreur (Révolution française)

Cette critique devient une autocritique dans les annéessous l'influence de Pierre-Joseph Proudhon. Entre Thermidor et l' Empire se développe la légende noire de Robespierre, à travers les faibles drames de Godineau La Mort de Robespierre, ou la Journée des 9 et 10 thermidorou d' Antoine Sérieys La Mort de Robespierre En décembrele Robespierre d'Anicet Bourgeois présente encore la même caricature de tyran sanguinaire, laconique et peureux.

D'autres pièces font clairement allusion à Robespierre, ainsi Manlius Torquatus ou La discipline romaine pièce d'inspiration jacobine, jouée en février de Joseph Lavallée, Pausanias représenté en marsédité en de Claude-Joseph Trouvé, Quintus Fabius ou La discipline romaine interprété au théâtre de la République, fin juillet de Gabriel Legouvé ou Théramène ou Athènes sauvée d'Antoine Vieillard de Boismartin [ ]. Les auteurs s'appuient pour l'essentiel sur les comptes-rendus des événements parus dans la presse.

Édité sous le seul nom de Coleridge en octobre par Benjamin Flower, il est tiré à exemplaires et distribué à BathCambridge et Londres [ ][ ]. Avec le temps, les auteurs tendent de plus en plus à problématiser le personnage théâtral, ainsi Georg Büchnerqui ne prend pas parti pour ou contre lui dans La Mort de Dantonmais s'interroge sur la possibilité de la révolution.

Le même questionnement apparaît chez Romain Rollandqui passe, entre Danton et Robespierrede la justification et de l'exaltation du personnage à l'expression des souffrances morales d'un Robespierre déchiré devant le problème du sang versé.

Venendo meno la possibilità di un'invasione del territorio nazionale, venne anche meno l'emergenza con la quale si era cercato di giustificare misure dittatoriali ed al primo errore di Robespierre vari membri della Convenzione ne approfittarono per farlo arrestare il 27 luglio9 di Termidoroinsieme a vari suoi seguaci.

Maximilien de Robespierre. Louis Saint-Just.

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Jacques Nicolas Billaud-Varenne. Jean-Marie Collot d'Herbois. This entry is from Wikipedia, the leading user-contributed encyclopedia. It may not have been reviewed by professional editors see full disclaimer. Donate to Wikimedia. Toutes les traductions de Regime del terrore. Une fenêtre pop-into d'information contenu principal de Sensagent est invoquée un double-clic sur n'importe quel mot de votre page web.

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Du 31 mars au 26 avrilla commission militaire d' Ancenis prononce 55 acquittements, 15 renvois environ devant le tribunal de Nantes et 24 condamnations à mort contre des paysans insurgés pris après le combat d'Ancenis. De mai à juin, une seconde commission est mise en place dans cette même ville, elle prononce 63 acquittements et aucune condamnation.

En nivôsela commission militaire de Châteaubriant fait fusiller 15 rebelles prisonniers. À Guérandedeux condamnations à mort en ventôse. Du 23 au 28 avriltrois commissions militaires sont mises en place à Machecoul prise aux Vendéens par les Républicains du général Beysseroutre 6 acquittements et 8 renvois, 16 à 17 accusés sont condamnés à mort, dont René Souchu, principal responsable des massacres de Machecoul.

En janvier, la commission de Legé mise en place par l'adjudant-général Carpentier, fait condamner à mort 64 prisonniers Vendéens, ceux-ci sont fusillés les 12 et 13 janvier lors du massacre de Legé.

Les jugements rendus par la commissions de Blain restent cependant inconnus [ ]. En juilletles troupes républicaines reprennent la ville d' Angerschef-lieu du département de Maine-et-Loireabandonnée par l' armée catholique et royale. Arrivés avec l'armée, les représentants BourbotteChoudieu et Tallien remplacent aussitôt l'administration de la ville, dont une partie avait rallié les Vendéens, par un comité révolutionnaire.

Dès marsdes commissions militaires sont mises en place pour juger les prisonniers. Elles supplantent rapidement le tribunal criminel du département qui avait prononcé un nombre de condamnations à mort assez modéré.

La première instaurée est la commission Léger mais ses actions sont inconnues. Bien plus importante, la commission Parein -Félix est établie auprès de l' armée des côtes de La Rochelle dont le quartier-général se trouve à Angersmais elle est également tenue de suivre l'armée dans ses opérations.

Une tannerie de peau humaine est établie, 32 cadavres de Vendéens sont écorchés pour faire des culottes de cavalerie [ ]. La majorité des exécutions ordonnées par la commission Parein-Félix ont lieu à Avrillé. La plupart des condamnés sont fusillés, la guillotine étant réservée aux nobles, aux religieux et aux fonctionnaires. Ainsi, sur ordre de la commission, prisonniers vendéens sont fusillés à Juigné-sur-Loire le 2 décembre Du 13 au 25 décembre, 29 prisonniers sont guillotinés à Saumursont fusillés, 19 acquittés.

De retour à Angers, la commission tient séances du 31 décembre au 3 mai Quelques exécutions par noyades font entre 12 et plusieurs dizaines de victimes [ ]. Près de à vendéens capturés lors de la Virée de Galerne sont évacués vers Bourgesoù seule une centaine d'entre eux survivent [ ].

En outre, deux commissions révolutionnaires d' Angers font un bref passage en Mayenne. Ainsi à Lavaldu 18 au 21 novembre, la commission Félix condamne 12 personnes à mort, puis la commission Proust, du 22 au 29 décembre, prononce 28 condamnations à la peine capitale [ ][ ]. Ils ne se couchaient qu'avec la crainte d'être enlevés pendant la nuit. On disait publiquement qu'il fallait anéantir le commerce et imiter Carrier à Nantes.

Au nord de la Loire, après la Virée de Galerneles représentants en mission établissent des commissions militaires pour juger les prisonniers vendéens et chouans. Dans la Mancheune commission militaire est établie par le représentant Le Carpentier aussitôt après le siège de Granville.

Du 19 novembre au 11 maiau moins 43 condamnations à mort sont prononcées à Granvilleil y en eut peut-être davantage [ ]. Le 6 juillet, Le Carpentier fait envoyer sur Paris 24 détenus accusés de fédéralisme et d' aristocratie. Ces derniers sont jugés par le tribunal révolutionnaire et 20 d'entre eux sont condamnés à mort et guillotinés [ ]. Le tribunal militaire de Cherbourg ne prononce qu'une seule condamnation à mort, le 11 juilletcontre un religieux [ ].

À Alençondans l' Ornedirigé par le représentant Le Tourneurpuis par Garnier de Saintesle tribunal criminel prononce condamnations à mort, dont contre des prisonniers vendéens, dans les jours qui suivent le siège de Granville et la bataille du Mans [ ]. Dans la Sartheune première commission militaire est établie au Mansmais elle ne siège qu'un jour en condamnant à mort un prêtre réfractaire le 8 mai.

En même temps, est mis en place le tribunal criminel de la Sarthe qui, de septembre à décembre, ne condamne à mort qu'un autre prêtre à Sablé-sur-Sarthe. Le tribunal s'enfuit du Mans en décembre, à la suite de l'approche de l'armée vendéenne, il y revient après la bataille du Mansaccompagné du représentant Garnier de Saintes.

Le tribunal tient ses séances du 7 au 16 janvieraccusés sur sont condamnés à mort, les prisonniers âgés de 15 ans sont graciés. Protégées par la municipalité, les femmes évitent le jugement, néanmoins plusieurs périssent du typhus dans les prisons. À Sablé-sur-Sartheune deuxième commission fait exécuter 32 prisonniers vendéens en janvier Puis 16 ou 17 autres prisonniers sont jugés du 1 er au 4 janvier par la commission Proust10 sont condamnés à mort. En Ille-et-Vilainela commission militaire Brutus Magnier est mise en place à Antrain le 21 novembre, par les représentants Prieur de la MarneTurreau et Bourbotteelle est chargée de juger d'abord les soldats accusés de pillages, indiscipline ou actes de lâcheté, puis les prisonniers vendéens et chouans.

Sur l'ensemble des militaires, sont acquittés, 2 condamnés à mort, 41 aux fers, 46 à la prison [ ][ ]. La commission Vaugeoismise place par le représentant Pocholle le 9 novembresiège initialement à Rennes où elle prononce 56 condamnations à mort, 17 peines de fers, 20 peines de prison et 37 acquittements.

Elle se porte ensuite à Vitrédu 25 janvier au 8 juillet et, pendant ces sept mois, elle rend 28 condamnations à mort, 16 aux fers, 11 à la détention, contre acquittements. Elle condamne notamment à mort le prince de Talmontgénéral de la cavalerie vendéenne, qui est guillotiné à Laval [ ]. Du 2 décembre au 1 er maielle condamne surtout à mort des Vendéens capturés après la bataille de Dol. Sans compter les nombreux prisonniers morts du typhus ou de leurs blessures dans les prisons [ ].

Parmi les victimes figure le général Maurice Gigost d'Elbéequi blessé, est exécuté dans son fauteuil [ ]. Le 4 maià la suite de deux arrêtés de Prieur de la Marne et de Francastel et Hentzla commission Collinet est reformée à Noirmoutier. Du 5 mai au 14 juinelle prononce 28 condamnations à mort et un nombre important d'acquittements [ ]. À la suite d'un arrêté des représentants Bourbotte et Bôla commission est renouvelée par des membres de la commission Félix d' Angerscelle-ci prononce 25 condamnations à mort, 18 à la déportation et acquittements, du 17 juin au 14 août [ ].

Du 2 avril au 30 maila commission militaire formée aux Sables d'Olonne prononce 73 condamnations à mort. Un temps abandonnée, elle est reformée en octobre pour juger des prisonniers vendéens. Une vingtaine de condamnés sont guillotinés, les autres sont fusillés. À Fontenay-le-Comtela répression est d'abord assurée par le tribunal criminel qui, du 29 septembre au 24 avrilprononce 47 condamnations à mort, en quasi-totalité des Vendéens. Le représentant en mission, Joseph Lequinioarrive dans la ville le 10 décembre et, dès le lendemain, est confronté à une mutinerie des à détenus des prisons.

Lequinio met fin aux troubles en abattant lui-même d'un coup de pistolet l'un des prisonniers, deux autres sont tués la même journée. Aussitôt, le 11 décembre, le représentant en mission fait former une commission militaire qui, du 12 décembre au 31 marsjuge prisonniers et en condamne à mortqui sont fusillés dans les vingt-quatre heures [ ][ ]. Cependant, le 9 avrille comité de surveillance de Fontenay-le-Comte fait arrêter le général de brigade Jean-Baptiste Huchél'un des commandants des colonnes infernales.

Aussitôt, les représentants Hentz et Francastel accourent à Fontenay le 15 avril, ils révoquent la commission militaire, font arrêter des suspects relâchés par le représentant Laignelot et destituent l'adjudant-général Cortez ainsi que le maire de ville. Jugé à Rochefort, Jean-Baptiste Huché est acquitté.

Défendu par Robespierreil est renvoyé à son poste promu au grade de général de division malgré l'opposition de Carnot [ ][ ]. Arrivés en août à Fontenay, les représentants DornierAuger et Guyardin font remettre en liberté les détenus alors enfermés dans les prisons de la ville [ ][ ].

Dans les Deux-Sèvresle tribunal criminel de Niort se montre indépendant et relativement modéré, il dénonce notamment les exécutions sommaires commises par l'armée dans les campagnes [ ]. Dix autres accusés sont condamnés à de la détention jusqu'à la paix, quatre aux fers, quatre à la déportation, les autres sont acquittés [ ]prisonniers cependant meurent de maladie dans les prisons [ ].

Dans la Charente-Maritimele représentant Joseph Lequinio établit, le 23 septembreune commission révolutionnaire à La Rochelle [ ] pour juger les à [ ] prisonniers vendéens enfermés dans les prisons de la ville. Selon les ordres du représentant en mission, la peine de mort n'étant appliquée qu'aux prêtres, aux bourgeois, aux nobles, aux maltôtiersaux déserteurs et aux contrebandiers, 60 sont guillotinés [ ].

Les paysans et les ouvriers sont, de leur côté, condamnés aux travaux à la chaîne [ ] mais meurent des épidémies [ ]. À Rochefortles représentants Prothese mammaire light et Laignelot instaurent en octobre un tribunal révolutionnaire pour juger les équipages de L'Apollondu Généreux et du Pluvierimpliqués dans l' insurrection de Toulon.

Le 14 février, sept membres de l'équipage du Pluvier sont condamnés à mort, le six autres sont acquittés. D'autres exécutions suivent, telles celle de Gustave Dechézeauxle 17 janvierpuis celle du contre-amiral à la retraite, Nicolas Henri de Grimouardle 7 février [ ].

Dans les Côtes-du-Nordune première commission militaire est instaurée à Lamballe où elle condamne à mort, le 2 avril7 paysans pris les armes à la main après le combat de Lamballe. Le tribunal criminel des Côtes-du-Nord, siège à Saint-Brieucavec un passage à Lannion en avril, il prononce, du 19 avril au 16 juillet25 condamnations à mort dont 15 pour attroupement armé, 3 pour émigration3 pour propos contre-révolutionnaires, 3 contre des prêtres réfractaires et 1 contre la femme Taupin, épouse du futur chef chouan Pierre Taupinjugée à Lannion et exécutée à Tréguier pour avoir caché chez elle deux prêtres réfractaires.

Au Finistèreà mi-septembre, les représentants Tréhouart et Bréard sont envoyés à Brestdont l'administration a mené l' insurrection fédéraliste en Bretagne.

Les représentants procèdent à plusieurs arrestations d'administrateurs, de paysans rebelles de Léonde prêtres réfractaires et de parents ou amis d' émigrés. En octobre, arrivent les membres du Comité de salut publicPrieur de la Marne et Jeanbon Saint Andréce dernier s'active notamment à réorganiser la flotte militaire du port. La Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité est remplacée par une société populaire de sans-culottes sur arrêté de Bréard et Jeanbon Saint-André.

La municipalité puis le district sont épurés. Le 8 janvier, trois compagnies de canonniers de l'armée révolutionnaire de Paris entrent dans la ville. Disposant ainsi d'un soutien militaire, les représentants Jeanbon Saint-André et Bréard créent un Comité de surveillance et un tribunal révolutionnaire le 5 février [ ].

Du 9 février au 11 aoûtle tribunal juge accusés, prononce 71 condamnations à mort dont 32 fédéralistes, 12 prêtres réfractaires, 8 parents d'émigrés70 acquittements et 28 peines de déportations, de fers ou de réclusion [ ]. Le procès le plus important est celui des 30 administrateurs du Finistèreparmi ces derniers, 4 sont acquittés les 26 autres sont condamnés à mort et guillotinés, creme anti rides yeux avene 50+ l'évêque constitutionnel Expilly de La Poipe [ ].

Dans le même département, la ville de Quimper dispose également d'un tribunal criminel, mais malgré la présence de nombreux prisonniers, il ne prononce que trois ou six condamnations à mort [ ].

Dans le Morbihanles premiers jugements sont rendus contre les paysans insurgés en mars contre la levée en masse. De mars à aoûtle tribunal criminel instruit plusieurs procès à VannesAuray et La Roche-Bernard. Il fait preuve d'une certaine indulgence, la plupart des accusés sont acquittés, seuls 7, généralement impliqués dans des assassinats, sont exécutés. Fin octobre Prieur de la Marneaccompagné de Marc-Antoine Jullien fils vient prendre la direction de la ville de Vannes et met en place un comité et un tribunal révolutionnaire [ ].

La ville est mise en état de siège et suspects y sont incarcérés [ ]. Du 8 novembre au 3 aoûtle tribunal révolutionnaire tient ses séances à Vannes mais se déplace également à trois reprises à Lorient et une fois à Auray et Josselin. Pendant cette période, il prononce 30 condamnations à mort, dont 10 contre des prêtres réfractaireset 11 déportations à vie, contre 3 acquittements [ ]. En outre, dans les campagnes, l'armée commet un certain nombre d'exécutions sommaires contre les insurgés.

Ainsi, le 22 novembre, 10 Chouans sont fusillés à Le Gorvello [ ]. Le 1 er décembreà la suite du combat de Coëtbihan contre les Chouans, Le Batteuxenvoyé par Carrierfait piller le bourg de Noyal-Muzillac et fusiller huit habitants. À la suite de ces exactions, Le Batteux est arrêté sur ordre de Tréhouart et Jullienavant d'être relâché à la suite de l'intervention de Carrier [ ].

Fin décembrele général Turreauproche des Hébertistes [ ]prend la tête de l' armée de l'Ouest. Le même mois, le Comité de salut public et le ministre de la guerre annoncent au nouveau général en chef, leur intention de retirer des troupes de l'Ouest pour les redéployer sur d'autres fronts, estimant que les opérations dans l'Ouest sont presque achevées [ ].

Ainsi, le 19 décembreTurreau propose d'abord à la Convention d'offrir une amnistie aux rebelles, mais il ne reçoit aucune réponse [ ]. Modifiant alors sa position, il déclare que les rebelles sont encore dangereux et rejette le plan de Kléber, qui propose de quadriller la région et de rétablir la discipline parmi les troupes pour gagner la confiance de la population. Le 7 janvierTurreau demande des ordres clairs sur le sort des femmes et des enfants auprès des représentants en mission FrancastelBourbotte et Louis Turreau qui ne lui répondent pas, se déclarant malades.

Seules quelques villes indispensables à la marche des troupes doivent être préservées. Ne se sentant pas soutenu, Turreau présente par deux fois sa démission le 31 janvier et le 18 févrierelle est à chaque fois refusée malgré les dénonciations des administrateurs départementaux [ ].

Le Comité de salut public délègue alors ses pouvoirs dans l'Ouest aux représentants en mission FrancastelHentz et Garraules jugeant les mieux placés pour apprécier les mesures à prendre sur place [ ]. Pendant cette période, de janvier à mai, le plan est mis à exécution. À l'est, Turreau prend personnellement le commandement de six divisions divisées en onze colonnes, tandis qu'à l'ouest le général Haxo dirige huit colonnes de tailles plus réduites. D'autres troupes sont envoyées former les garnisons des villes à préserver.

Cependant les différents généraux interprètent librement les ordres reçus et agissent de manière très diverses [ ]. Certains officiers, notamment Haxon'appliquent pas les ordres de destruction et de tueries systématiques [ ]. De plus, les membres de la Commission civile et administrative créée à Nantes pour récupérer vivres et bétail au profit des Bleus, accompagnent les armées, ce qui permet d'épargner des vies et des localités. Cependant presque toutes les colonnes se livrent aux pillages, massacrent la population civile, violant et torturant, tuant femmes et enfants, souvent à l'arme blanche pour ne pas gaspiller la poudre, brûlant des villages entiers, saisissants ou détruisant les récoltes et le bétail.

Des femmes enceintes sont écrasées sous des pressoirs, des nouveau-nés sont empalés au bout des baïonnettes [ ]. D'après des témoignages de soldats ou d'agents républicains, des femmes et des enfants sont coupés vifs en morceaux ou jetés vivants dans des fours à pain allumés [ ][ ]. Si la plupart des généraux respectent les ordres d'évacuations des populations jugées républicaines, les troupes commandées par CordellierGrignonHuché et Amey se distinguent par leurs violencesau point d'exterminer des populations entières, massacrants indistinctement royalistes et patriotes [ ].

Mais la position de Turreau est fragilisée par son incapacité à détruire les dernières troupes insurgées. Son plan, bien loin de mettre fin à la guerre, pousse en réalité les paysans à rejoindre les armées vendéennes.

Les représentants en mission se divisent quant à sa stratégie. Si certains le soutiennent tels que FrancastelHentzGarrau [ ]et Carrier [ ]d'autres comme LequinioLaignelotJullienGuezno et Topsent réclament son départ [ ]. Repeuplez-le de bons Sans-Culottes [ ]. Il est finalement suspendu le 17 mai [ ]et l'activité des colonnes infernales décroît progressivement au cours du printemps.

De l'automne au printempsles armées républicaines ont renoué avec une tactique de massacres et de destructions qui n'avait plus été observée en Europe depuis la guerre de Trente Ans [ ]. Des centaines de villages ont été brûlés, mais beaucoup d'habitants ont trouvé le moyen de se réfugier dans les bois et les bocages et de rejoindre les insurgés [ ].

La Vendée est profondément marquée par ce passage dramatique de son histoire et en conservera longtemps les stigmates, tant dans le paysage que dans les mentalités. Cependant, le Comité de salut public souhaite asseoir la République. Couthon, dans son rapport de la loi de prairial, souhaite à la fois débarrasser la république de ses ennemis et développer une nouvelle classe de petits propriétaires.